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Paris Photo Los Angeles

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Paris Photo est depuis 1996, l’un des rassemblements internationaux majeurs de l’art photographique, et il a, depuis 3 ans maintenant, son édition américaine: Paris Photo Los Angeles. Comme les éditions précédentes, Paris photo LA se tiendra dans les studios de la Paramount à Hollywood, du 1er au 3 mai 2015. Deux sites accueilleront les diverses manifestations : les studios eux-mêmes regrouperont les galeries internationales qui exposent des œuvres passées et contemporaines tandis que le New York Street Backlot (2 hectares de décors récréant les rues de New Yok) sera, lui, dédié aux solo shows, aux œuvres exposées par de plus jeunes galeries et aux projets d’éditeurs spécialisés dans l’art. Au total, 80 galeries et maisons d’édition seront présentes, venues de 17 pays.

Le thème de Paris Photo Los Angeles est évidemment l’image – ou les images – mais plus particulièrement leur statut et leurs utilisations dans notre société contemporaine. Les recherches et les usages évoluant, photographies passées et présentes se confrontent. La foire internationale exposera donc et fera dialoguer des œuvres historiques du XXème siècle avec celles, nouvelles, du XXIème. La photographie contemporaine et ses récentes explorations seront récompensées par la remise du prix « Introducing ! » à un étudiant en art. Le passé lui se fera inédit avec la manifestation « Unedited ! », une exposition de photos jamais publiées. L’année dernière, les archives policières du LAPD avaient été révélées au public. Cette année, ce sont les œuvres du photographe californien R. J. Arnold qui seront dévoilées pour la première fois. A la fin du XIXème siècle, Arnold a photographié les habitants de la commune de San Luis Obispo – des portraits sur plaques de verre, hier menacés de dégradation, et désormais restaurés. Ces archives forment une collection exceptionnelle, d’autant qu’Arnold s’est attaché à dresser un portrait complet de la Californie de son époque, photographiant les populations indigènes aussi bien que les nouveaux arrivants venus d’Amérique Latine ou d’Asie.

Des débats seront également au programme – un cycle de rencontres et d’échanges entre divers acteurs actuels de la photographie, artistes, photographes et vidéastes internationaux (par exemple, le français Pierre Bismuth ou la britannique Tacita Dean…) mais aussi commissaires et conservateurs. 5 rencontres au total sur 3 jours.

Il n’est guère étonnant que Los Angeles célèbre la photographie. Les images et la ville – et la Californie de manière plus générale – sont depuis plus d’un siècle intimement liées. Berceau du cinéma, c’est bien là, en Californie, à Palo Alto, qu’ Eadweard Muybridge a, en 1878, photographié la série « Sallie Gardner at a gallop », tentant de capturé en une série de 24 photos la course d’un cheval. Cette série historique est considérée aujourd’hui comme un premier ou proto film. Le point de départ à la recherche de l’image en mouvement, qui inspirera Thomas Edison à développer son Kinétoscope. Un peu plus tard, le cinéma en plein développement installera son industrie dans le sud de l’état, préparant ainsi la naissance d’Hollywood.

Bien des photographes se sont inspirés de la Californie, que ce soit par ses paysages naturels (Edward Weston, Ansel Adams…) ou urbains (les collages de David Hockney, la série Los Alamos de William Eggleston…). C’est en Californie que la photographe Diana Lui, souvent représentée à la galerie Carole Decombe, s’est formée. Diplômée de UCLA, elle a également obtenu une maîtrise en photographie au célèbre Art Center of Design de Pasadena, où elle a comme mentor Anthony Zepeda, tireur de Rauschenberg. Son mémoire portait déjà sur le portrait photographique ainsi que sur les procédés anciens de tirage argentique tels que la photogravure et le tirage au platinum palladium. Elle y vivra 12 ans, c’est là qu’elle commença sa quête identitaire et son travail sur le portrait. Plusieurs photos exposées à la galerie pour l’évènement  « Portraits intimes » datent de cette période.

Cécile J.

Posté le 4 mai 2015