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Paris Photo 2015 et « Qui a peur des femmes photographes ? ».

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L’actualité photographique a été très riche depuis le mois de septembre à Paris.

C’est maintenant l’heure de Paris Photo. Plus de 140 galeries, venant de 33 pays ont pris part à cette édition 2015. Accompagnées par des éditeurs internationaux, au nombre de 27, elles présenteront une variété d’œuvres photographiques contemporaines mais aussi historiques. Au fil des éditions, l’évènement Paris Photo se complexifie, pour aborder de grandes thématiques, et exposer des collections privées parfois méconnues. Nouveauté cette année, une sélection de galeries internationales exposera des œuvres inédites, des vidéos, dans le salon d’honneur du Grand Palais. Point focal de l’évènement cette année, le salon d’honneur accueillera notamment la collection privée de l’italienne Enea Righi, qui fait la part belle à la photographie du XXème siècle, avec notamment des œuvres d’artistes de renom comme Cy Twombly ou Nan Goldin. Durant ces quatre jours, du 12 au 15 novembre, se tiendra également le « forum expérimental » Plateforme, mis en place pour la première fois en 2011 qui s’articule cette année autour de 3 axes, « La collection », « Après la crise » et le rapport entre livre et photographie. Ces thèmes feront l’objet d’une série d’entretiens, de témoignages et de discussions. C’est aussi la 4e année du prix du livre Paris Photo, d’où la grande représentation des éditeurs et de la réflexion autour du livre photographique.

Il est à noter que Paris Photo connaîtra en 2016 une édition à Los Angeles en Californie, du 29 avril au 1er mai au sein des studios Paramount Pictures.

Si le Grand Palais est investi par les photographies du monde entier, le medium est déjà à l’honneur dans d’autres musées de la capitale depuis le mois d’octobre. L’exposition double, « Qui a peur des femmes photographes ?» conjointement organisée par le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie, présente une sélection de photographies historiques audacieuses. Organisée de manière chronologique, la visite démarre au musée de l’Orangerie couvrant la période de 1839 à 1918, puis enjambe la Seine pour les années 1918 à 1945. Sans retracer une histoire de la photo d’un point de vue féminin, sans en faire une photographie à part, cette exposition présente la relation particulière et évolutive des femmes avec ce médium. On peut y voir des œuvres européennes, mais aussi américaines, l’exposition couvrant un « champ spatio-temporel » particulièrement ouvert. En s’appuyant sur les nombreuses histoires de la photographie, qui sont pour la plupart en train de s’écrire, cette exposition rappelle à quel point les femmes ont participé au développement de la technique. C’est donc bien sur l’occasion d’une réflexion sociétale sur le statut de la femme durant cette période, qui montre comment la pratique photographique a pu pour certaines auteures être la voie de l’émancipation, de la subversion même.

Dès lors on peut s’étonner qu’il s’agisse d’une première exposition de ce genre à Paris.

La galerie Carole Decombe réserve une place de choix aux femmes photographes en travaillant de façon intime et fidèle avec elles. Toujours dans la volonté d’intégrer la création contemporaine aux productions modernes, l’espace de la galerie associe à ses univers, des photographies. Ainsi la collaboration avec l’artiste Diana Lui dure depuis de nombreuses années. Diana Lui est née en 1968 en Malaisie de parents chinois étudie aux Etats-Unis avant de traverser l’Atlantique pour vivre d’abord en Belgique puis en France. Elle privilégie les êtres qui, tout comme elle, se définissent dans la multiplicité – de cultures, d’identités – et dans le mouvement perpétuel. Travaillant le portrait, elle nous montre à voir des femmes sensibles dans des univers parfois troublants, le tout dans une esthétique très subtile.

La photographie Maya de Diana Lui sera à cette occasion présentée pour la première fois à la galerie.

Maïa F.

Posté le 9 novembre 2015