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Le Mois de la Photographie à Paris.

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Le Mois de la Photo se tiendra à Paris en novembre – du samedi 1er au dimanche 30. Qu’elles se tiennent dans de grandes institutions ou dans de plus discrètes galeries, une centaine d’expositions sont mises en place et dévoilent le travail de photographes passés et contemporains, célèbres ou anonymes.

Pour la dix-huitième édition du Mois de la photo, trois thématiques ont été choisies, pour pas moins d’une centaine d’expositions: «La Photographie Méditerranéenne», «Anonymes et Amateurs Célèbres» et «Au Cœur de l’Intime».

La Photographie Méditerranéenne.

C’est le thème qui regroupe le plus d’expositions. C’est qu’il y a en effet bien des manières d’aborder le sujet. Pour certains, la Méditerranée est le lieu des récits de voyages, dont on a ramené les photographies de paysages naturels et urbains mais aussi politiques et sociaux. Car les photographes, en traçant les portraits de villes méditerranéennes, dressent aussi ceux de leurs habitants. Il s’agit, par exemple, d’images de Sicile (Carlos Freire/Galerie Dina Vierny), du Caire (Michèle Maurin/19 Paul Fort), de Venise, silencieuse et brumeuse (Christopher Thomas/Galerie Photo12), de Thessalonique (Jean-Christophe Ballot/Galerie Point Rouge).
Pour d’autres, la Méditerranée est un lieu ancien, où les sculptures antiques nous content les passés de l’Andalousie, de l’Egypte, de la Turquie (Isabel Munoz/Instituto Cervantes de Paris).
Pour d’autres encore, c’est un espace bien plus actuel et moderne mais aussi un espace bien plus douloureux. La Méditerranéenne, c’est la périlleuse route des migrants (Laetitïa Tura/Galerie du bar Floréal).
C’est aussi la Grèce, Athènes et la crise. (Exposition collective Depression Era/ Central Dupon images).

Anonymes et Amateurs Célèbres.

C’est l’occasion ici de rassembler et d’exposer les archives et fonds photographiques anonymes – des photos de toutes époques dont on a oublié les auteurs et les modèles. Les anonymes photographes capturent des moments de vie privée, des souvenirs, des portraits de famille, des images des vacances, des photos du dimanche. Oeuvres d’amateurs, elles sont spontanées, peuvent être parfois maladroites et loin d’une bonne maîtrise de l’art, mais elles sont le plus souvent des témoins très touchants qui documentent les vies passées (Toute photographie fait énigme, Maison européenne de la photographie) ou les grands événements historiques (Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé/ Musée Carnavalet).

C’est l’occasion aussi de voir les clichés d’amateurs célèbres: l’acteur James Franco, inspiré par Cindy Sherman (New Film Stills/ Galerie Anne-Dominique Toussaint), ou Michel Houllebecq qui photographie la France comme un voyageur en transit (Before Landing/ Pavaillon Carré Baudoin, Mairie du XXè).

Au Cœur de l’Intime.

Cette thématique pointe du doigt une problématique tout à fait actuelle : comment définir l’intime, le privé ? Et comment le faire à une époque où celui-ci semble se dévoiler partout, sur les réseaux sociaux notamment ? Un selfie posté sur facebook n’est pas un portrait confidentiel. L’intimité d’un individu est une chose plus profonde, plus mystérieuse. Et c’est ce dont témoignent plusieurs expositions.
L’intimité se dévoile premièrement dans le lieu privé de l’habitation. Carole Bellaïche (La Collectionneuse/ Galerie Basia Embiricos) collectionne les vues d’appartements, les images des chambres, cuisines, couloirs et objets qui les remplissent.
Hortense Soichet (Espaces partagés/ Cité de l’Architecture et du Patrimoine) travaille elle dans les quartiers, les banlieues, où elle photographie la cour d’un immeuble, la cuisine verte d’un appartement, les peintures des murs d’une chambre d’enfant. Tous ces lieux sont déserts, aucun habitant n’y est présent, comme si, en dénudant l’environnement des êtres de leur présence , elle peut mieux révéler leur vie privée, leur intimité.
Le photographe de guerre Marc Charuel (Galerie du 10) photographie, quant à lui, les endroits où il a séjourné (Cambodge, Philippine, Thailande, Algérie, Vénézuela), des lieux de passage, étrangers, devenus lieux de vie. Des chambres d’hôtels, nues ou décorées, ou les espaces restreints d’une tente dans lesquels il a su recréer son propre univers.

L’intime repose aussi dans les choses cachées et secrètes; celles qu’on dévoile peu souvent et à peu de regards. Sa principale expression en est le nu – sujet artistique majeur depuis l’Antiquité. C’est Vénus, qui est reprise aujourd’hui par Richard Schroeder, dans des variations de rousses (Vénus, Galerie Sit Down). L’intime peut être aussi tabou. Marianne Rosenstiehl traite du corps des femmes et des menstruations (Le petit espace). Le corps masculin est lui dévoilé dans une exposition collective, retraçant l’utilisation du corps masculin (modèle, athlète) dans la photographie depuis 1870 à 2000 (Galerie David Guiraud).

Puisque la photographie est à l’honneur en ce mois de novembre, la Galerie Carole Decombe vous propose de (re)découvrir à partir du 3 novembre le travail de deux artistes dans une exposition collective : Diana Lui et LiliROZE

Diana lui et LiliROZE, deux photographes, deux quêtes de l’intime.

Diana Lui

Diana Lui est une artiste photographe et réalisatrice de films malaise d’origine chinoise. Elle a vécu et travaillé aux Etats-Unis – en Californie – puis en Belgique et enfin en France. Ses origines, ses racines, sont donc multiples. Pour autant, elle se définit comme une artiste déracinée. Et son travail de photographe en est le reflet. Il témoigne d’une quête de soi, d’une quête d’identité. Les sujets qu’elle choisit de photographier, ses sujets de prédilection sont, d’une part, les arbres – en rapport direct et évident à l’idée de racine. Ce sont, d’autre part, les individus, et surtout les femmes, dans leur intimité et leur nudité parfois. Ses «portraits intimes», comme elle les appelle, capturent au premier abord la simple image d’individus, ils sont souvent accompagnés d’un texte – ou sous-texte – expliquant qui ils sont, d’où ils viennent et qu’elles sont leurs aspirations. Plusieurs, comme la photographe, ont des origines multi-ethniques. Et c’est à travers eux que Diana Lui peut, par comparaison, dresser son propre portrait. Elle s’interroge et se trouve dans les clichés de l’autre. Ces femmes qu’elle observe derrière l’objectif lui sont semblables ou opposées. En cela, elles répondent à la question qu’elle se pose sans cesse: Qui suis-je ? Quant à la nudité de ses sujets, elle n’est pas là dans le seul but d’apporter aux portraits ce caractère si confidentiel, c’est aussi par elle que Diana Lui cherche à appréhender son propre corps, sa sexualité, son identité physique.

De cette artiste presque «existentialiste», la Galerie Carole Decombe a choisi d’exposer trois œuvres :

-In search of a Saint

Tirage couleur chromogénique à partir du négatif couleur 6×6 Hasselblad, effectué par Choi à Paris, Numéro 3/5.

Dimensions : 120×120

-Portrait-untitled-2 (2002)

Portrait en noir et blanc, tirage argentique 80/60, 1/7 signé Diana Lui.
Nationalité : Israélienne
Histoire personnelle : la cinquantaine, a quitté sa vie familiale pour être artiste il y a quinze ans
Métier : artiste reconnue en Israël
Lieu : en face du centre d’art contemporain Le Quartier à Quimper, Bretagne.

-Portrait-untitled-22 (1991)

Nationalité: américaine d’origine japonaise
Histoire personnelle: a été hantée par un phantom dans son vieil appartement à Pasadena
Métier: photographe, réalisatrice
Lieu: son appartement à Pasadena, Californie

LiliROZE

LiliROZE puise elle son inspiration dans sa vie intime, elle parle de ce qui la touche, de ce qu’elle connait, du corps de la femme. Dans l’intime de LiliROZE, le rêve, le mystérieux n’est jamais loin. On ne sait pas vraiment si sa démarche est de révéler cette part d’intime ou de la préserver comme si elle devait rester cachée, secrète.
Ces clichés opèrent comme par magie, ils nous troublent, nous ensorcellent. Même sa technique interroge, loin de la photoréaliste, sa méthode est très particulière, elle ne travaille qu’à la lumière naturelle, cherche à faire du polaroïd sans polaroïd en superposant différentes images. Elle sculpte son rêve.
La lumière, le regard mais aussi les mains participent à ses créations, leur donnant une vibration sensorielle intense.
Liliroze ne photographie pas ce qu’elle voit mais ce qu’elle ressent.
Mystérieux, intérieur, privé, suggéré….autant de qualificatifs associés au travail de la photographe LiliROZE. Ses photographies donnent à voir les instants volés d’un univers voluptueux où bien souvent l’usage du flou contribue à préserver une part d’inconnu.

De cette artiste « révélée », la galerie Carole Decombe a choisi de présenter deux oeuvres:

-Série « Icônes » #5

Photographie en noir et blanc, 45 x 60 tirage argentique de LiliROZE , Polaroid 55, #5 de la série inédite et exclusive « Icônes », édition de 10 tous formats confondus, certificat ARTtrust.

-Série « Icônes # 7

Photographie en noir et blanc, 45 x 60 tirage argentique de LiliROZE , Polaroid 55, #7 de la série inédite et exclusive « Icônes », édition de 10 tous formats confondus, certificat ARTtrust.

Cécile J.

Posté le 7 décembre 2014