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La Suède à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris de 1925

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Concentrée sur les arts décoratifs et industriels, l’exposition qui se tient à Paris entre avril et octobre 1925 n’est plus comme les précédentes une exposition universelle. L’édition parisienne de 1900 avait consacré les formes organiques, souples et vivantes de l’Art Nouveau. Les créateurs ont depuis réagi et de nouvelles tendances ont vu le jour, qui dominent largement l’évènement : l’Art déco, nommé rétrospectivement en référence à l’exposition, et l’avant-garde moderniste internationale.

Le pavillon suédois et la « Grâce suédoise »

Dessiné par Carl Bergsten, le pavillon suédois, qui s’inscrit dans le courant du Classicisme nordique, évoque un temple grec épuré et géométrisé, agrémenté d’un jardin organisé autour d’un bassin et décoré d’un mobilier antiquisant faisant la part belle à la fonte de fer. A l’intérieur, des œuvres signées Carl Malmsten, Anna Petrus, ou encore des verreries d’art Orrefors.

Pour décrire et souligner l’élégance simple de ce style néoclassique, le critique britannique Morton Shand parle de « Swedish grace ». L’expression restera et désigne depuis ce mobilier raffiné, aux lignes simples rehaussées de riches détails et motifs antiquisants, réalisé à la main par des artisans détenteurs d’un remarquable savoir-faire. Ce style s’inscrit dans la tendance générale Art déco, qui multiplie les emprunts à l’ancien comme autant de pieds de nez au règlement original de l’exposition qui, dans son désir de modernité, prétendait bannir toute référence au passé.

Folke Bensow

Folke Bensow (Göteborg, 1886 – 1971), est un architecte et designer suédois, qui compte parmi les fondateurs du Classicisme nordique. Il étudie l’architecture à l’école polytechnique Chalmers, avant de poursuivre ses études à l’Académie royale des Beaux-Arts du Danemark à Copenhague et à la Kungliga Konsthögskolan de Stockholm.

En 1913, il ouvre son propre bureau d’architecture à Göteborg, travaillant dès cette période tant comme architecte que designer. Dans les années suivantes, son travail est exposé dans différentes manifestations importantes comme l’Hemutställningen 1917 (exposition organisée par la Société suédoise, présentant des meubles simples et abordables à destination de la classe ouvrière), à la galerie d’art contemporain Liljevalchs inaugurée en 1916 à Stockholm, et à l’Exposition du Jubilé de Göteborg de 1923.

Parmi ses réalisations importantes figure le bâtiment de la fabrique de tissu Holmen à Norrkoping, connu sous le nom de Strykjärnet (« le Fer »), qui revisite et modernise les codes de l’architecture classique, tout en exploitant les possibilités offertes par le béton armé. Associé à la fonderie Näfveqvarns, il conçoit un important mobilier d’extérieur, destiné aux jardins particuliers et aux parcs publics, dont les bancs exposés dans le jardin du pavillon suédois.

La fonderie Näfveqvarns

Fondée en 1623 par les frères belges Hubert et Gilles de Besche, la fonderie Näfveqvarns a d’abord produit essentiellement des fusils, avant de se tourner au milieu du XIXème siècle vers la fonte d’art. Elle présente à exposition de 1925 un important mobilier de jardin qui lui vaut d’être primée, participant au succès du pavillon suédois qui se voit décerner pas moins de 31 récompenses. Cette enseigne historique a fermé ses portes en 2010.

A la galerie Carole Decombe

En écho lointain à cet évènement, la galerie Carole Decombe présente plusieurs pièces exposées pour l’occasion ou participant du même courant.

Les bancs en fonte de fer dessinés par Folke Bensow, dont les montants revisitent les motifs de palmettes, volutes et fleurs de lotus stylisées de la céramique grecque, retrouvent pour l’occasion l’Urne à la Diane chasseresse d’Ivar Johnson, également fondue par Näfveqvarns et exposée dans le jardin du pavillon suédois.

Un élégant sofa en marqueterie de bois et crin passepoilé illustre quant à lui le style Swedish grace du mobilier d’intérieur que les visiteurs ont pu apprécier dans le pavillon en 1925.

Charles B.

Posté le 10 mars 2017